CAMBODGE - Actualité (1990-1996)

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Royaume du Cambodge

Politique intérieure

Le 14 novembre 1991, le prince Norodom Sihanouk revient à Phnom Penh après 13 ans d’exil, en tant que dirigeant du Conseil national suprême (C.N.S.); le 20, il est officiellement reconnu comme chef de l’État jusqu’à la tenue d’une élection présidentielle libre en 1993.

Le 27 novembre, une manifestation hostile aux Khmers rouges, accusés d’être responsables de la mort de plus de 1 million de personnes entre 1975 et 1978, suit l’arrivée à Phnom Penh du principal de leur dirigeant, Khieu Samphan. Ce dernier est aussitôt évacué vers Bangkok, afin de lui éviter un lynchage.

Le 28 février 1992, le Conseil de sécurité de l’O.N.U crée l’Autorité provisoire des Nations unies au Cambodge (Apronuc) chargée de ramener la paix, d’administrer le pays et d’organiser des élections libres.

Les violations de cessez-le-feu et les tentatives de déstabilisation du régime se poursuivent, principalement du fait des Khmers rouges.

Le 2 avril 1993, 3 militaires de l’Apronuc sont tués par des Khmers rouges. Cette provocation s’ajoute aux violences meurtrières contre les Vietnamiens résidant au Cambodge, et confirme leur refus d’appliquer les accords de paix d’octobre 1991.

Du 23 au 28 mai, des élections générales sont organisées sous l’égide de l’O.N.U., pour la désignation d’une Assemblée constituante; 42 p. 100 des Cambodgiens se rendent aux urnes, dans le calme. Le Front national pour un Cambodge indépendant, neutre, pacifique et coopératif (Funcinpec), dirigé par Ranariddh, fils de Norodom Sihanouk, remporte 45,47 p. 100 des suffrages, contre 38,22 p.100 des voix pour le Parti du peuple cambodgien (provietnamien) de Hun Sen.

Le 14 juin, l’Assemblée constituante rétablit le prince Sihanouk dans ses fonctions de chef de l’État. Le 16, le prince Ranariddh et Hun Sen acceptent de coprésider le gouvernement national provisoire, auquel les Khmers rouges ne participeront pas. Le 30, l’Assemblée constituante élit à sa présidence Son Sann, chef de la faction dite «nationaliste».

Le 21 septembre, l’Assemblée constituante rétablit la monarchie parlementaire, abolie en 1970. Le 24, le Conseil du trône désigne comme souverain Norodom Sihanouk. Il nomme Ranariddh «premier Premier ministre» et Hun Sen «second Premier ministre». Les Nations unies constatent que l’institution d’autorités légales met fin à la mission de l’Apronuc.

Le 6 janvier 1994, le gouvernement déclenche une offensive de grande ampleur contre une base des Khmers rouges abritant un dépôt de munitions et située dans le nord-ouest du pays.

Le 17 juin, le gouvernement du prince Norodom Ranariddh ordonne la fermeture de la représentation khmère rouge ouverte à Phnom Penh dans le cadre de la mise en œuvre des accords de paix et toujours ouverte malgré la reprise de la guérilla par les hommes de Pol Pot. Cette décision scelle l’échec des négociations avec les Khmers rouges engagées en mai par le roi Norodom Sihanouk, qui reste partisan d’une politique de réconciliation nationale.

Le 2 juillet, l’armée repousse un coup de force contre la capitale mené par le prince Norodom Chakrapong, l’un des fils du roi Sihanouk, ancien vice-Premier ministre sous le régime provietnamien. Le prince est expulsé.

Le 6 juillet, l’Assemblée nationale vote la mise hors-la-loi des Khmers rouges. Le 11, ceux-ci annoncent la formation d’un «gouvernement provisoire». Le 26, ils prennent 3 touristes occidentaux en otage et exigent l’arrêt de toute aide militaire étrangère à Phnom Penh en échange de leur libération. Le 1er novembre, le co-Premier ministre Hun Sen confirmera la mort des 3 otages.

En octobre, une crise gouvernementale aboutit au renforcement des ex-communistes du Parti du peuple cambodgien de Hun Sen au sein de l’équipe dirigeante, au détriment des royalistes du Funcinpec de Norodom Ranariddh.

Le 8 août 1996, le «second» Premier ministre Hun Sen annonce le ralliement de deux chefs militaires khmers rouges proches de Ieng Sary, ancien numéro deux du régime polpotiste. Le succès des négociations menées par le Parti du peuple cambodgien augmente le crédit de son chef, Hun Sen, face au Funcinpec du «premier» Premier ministre Norodom Ranariddh qui recueillait seul, jusqu’alors, le bénéfice des ralliements des dissidents khmers rouges.

Le 7 septembre, le gouvernement conclut un accord avec la faction khmère rouge conduite par Ieng Sary. Ce ralliement traduit la rupture entre l’aile modérée des Khmers rouges et leur aile «dure», incarnée par Ta Mok, Khieu Samphan et Son Sann, qui reste fidèle à la ligne de Pol Pot. Le décès de ce dernier, annoncé en juin, n’est pas confirmé. Le 14, le roi Norodom Sihanouk accorde l’amnistie à Ieng Sary, condamné à mort par contumace en 1979.

Vie économique

Jusqu’à la conclusion d’un accord de paix, en 1991, l’économie cambodgienne est très affectée par les effets de la guerre civile et par la réduction, puis l’arrêt, de l’aide soviétique. Depuis 1991, le pays survit grâce à l’aide internationale.

En 1994 s’amorce une tentative de normalisation des relations économiques avec le vote, en août, d’une loi sur les investissements étrangers. Depuis cette date, le gouvernement a autorisé pour 2,5 milliards de dollars de projets d’investissements, notamment dans les domaines aéroportuaire et touristique.

En 1995, le redémarrage de l’activité se confirme.

En février, le Club de Paris applique au Cambodge les dispositions instaurées par le G7 en juillet 1994 au bénéfice des pays les plus pauvres, dispositions qui prévoient la réduction, jusqu’aux deux tiers, de la dette publique.

À l’issue de sa troisième réunion, organisée à Paris en mars, la Conférence internationale pour la reconstruction du Cambodge passe le relais à la Banque mondiale avant de se dissoudre. Elle alloue une aide de 472 millions de dollars pour 1995 et de 1,3 milliard supplémentaire pour 1995-1996, montants comparables aux aides octroyées depuis la mise en place du processus de paix. La gestion de cette aide par le gouvernement est toutefois mise en cause.

En mars, une réforme monétaire permet de maîtriser l’inflation.

En septembre, le gouvernement signe avec un joint-venture franco-malais un contrat de 120 millions de dollars pour la rénovation et l’agrandissement de l’aéroport international de Phnom Penh.

En octobre, le gouvernement lance un ambitieux programme de redressement et de reconstruction.

En 1996, la faiblesse du taux de croissance et celle du montant des investissements étrangers maintiennent le pays dans une situation de dépendance à l’égard de l’aide internationale. En juillet, les donateurs réunis à T 拏ky 拏 s’engagent à fournir une aide de 500 millions de dollars pour 1996-1997. En revanche, le F.M.I. menace le pays de suspendre les crédits octroyés dans le cadre de la procédure d’ajustement structurel, en raison de la non-prise en compte, dans le budget national, des revenus de l’exportation de bois qui représentent de 3 à 4 fois le montant du déficit.

L’octroi par les États-Unis, en septembre, du statut de la nation la plus favorisée doit permettre l’essor, notamment, du secteur textile.

Relations internationales

Le 18 juillet 1990, le secrétaire d’État américain James Baker annonce que les États-Unis retirent leur soutien aux 2 formations non communistes de Norodom Sihanouk et de Son Sann, présentes aux côtés des Khmers rouges dans la coalition antivietnamienne qui occupe le siège du Cambodge à l’O.N.U. Il déclare que son gouvernement est prêt à négocier un règlement direct avec celui de Hanoi.

Le plan de paix de l’O.N.U. est accepté le 9 septembre par les 4 factions cambodgiennes réunies à Djakarta – celles du prince Sihanouk, de Son Sann, de Khieu Samphan et du Premier ministre Hun Sen. Ce plan, présenté à New York le 28 août, prévoit un cessez-le-feu, la mise en place d’un Conseil national suprême et l’organisation d’élections par l’O.N.U.

La rencontre à Pékin, le 24 septembre, entre le général Vo Nguyen Giap et le Premier ministre chinois Li Peng scelle la réconciliation sino-vietnamienne.

Le 17 juillet 1991, le prince Sihanouk est élu à la présidence du C.N.S. à la suite d’un compromis rendu possible grâce à la normalisation progressive des relations entre le Vietnam et la Chine.

Le 23 octobre, la signature d’un accord de paix, lors de la réunion à Paris de la Conférence internationale sur le Cambodge, met fin à 21 ans de conflit.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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